Wilogo propose aux PME de lancer des concours de logos auprès de ses membres. Le graphiste gagnant repart avec 60 % du coût facturé. Pour l'entreprise, économies et réactivité sont au rendez-vous.
Dans la série crowdsourcing (création de contenus par les internautes), on connaissait les tee-shirts (lafraise.com) et les sites d'informations collaboratifs, notamment. Arrivent maintenant les logotypes. Le fondateur de Wilogo, lorsqu'il a voulu créer sa PME a été confronté à la difficulté de recruter temporairement et légalement un graphiste sans passer par un investissement en agence. Il a eu l'idée de créer un site collaboratif utilisant le modèle du crowdsourcing pour proposer à des PME et TPE un service de création de logos.
source : JDN














Le principe de Wilogo (utiliser les productions graphiques de jeunes graphistes à des fins lucratives sous couvert d'une "communauté web 2.0" sans les retribuer) est une catastrophe en terme d'image pour notre métier.
En effet, accepter ne serait-ce que l'existence d'une plateforme comme wilogo, c'est mettre en danger :
- en premier lieu : les freelance qui eux acceptent les règles d'une concurence non faussée : un travailleur = un statut permettant de facturer + le paiement des charges sociales + des couts fixes matériels et logiciels = un cout horaire et journalier en dessous du quel il n'est pas possible de travailler.
- en second lieu : les salariés de l'industrie graphique : comment justifier le coup d'un salaire quand on peut donner l'illusion que des benevoles fournissent le même volume de travail ?
- en troisième lieu : les clients ayant des besoins de communication graphique : Quelle garantie peut être fournie en terme de qualitié et d'efficacité par un service dont les fondateurs, de leur propre aveu ne connaissent rien du graphisme ?
Dont les travailleurs (employés ? bénévoles ? comment les qualifier ?) sont pour une grande partie soit tout juste débarqués dans le milieu, donc sans aucune expérience, soit pratiquant en diletante la "création de logo" à coté d'un activité salariée loin de ce secteur ?
Dont les reglements et clauses à accepter peuvent être, de l'avis même d'organismes comme l'INPI ou d'avocats spécialisés en droit d'auteur, qualifiés de bombe à retardement financierement et légalement pour les clients de wilogo ?
Dont la confidentialité des échanges entre le client et wilogo, de l'avis même d'un admin de wilogo (!) est totalement non garantie, bien que payante (!!!) ?
Voilà ce que doivent savoir les graphistes travaillant gratuitement pour wilogo, voilà ce que doivent savoir les clients de wilogo.
Rédigé par: Goulven | jeudi 03 avr 2008 à 12:15
News Alliance française des designers
| Retour sur Wilogo et autres sites de crowdsourcing
Le 8 mars 2007, nous sommes alertés des pratiques du site Wilogo, conçu et réalisé par Wiconcept, société spécialisée dans la conception et la réalisation de sites Web. Ce site « met en concurrence des graphistes amateurs et professionnels pour la réalisation de logos pour les entreprises » en proposant 30 projets de logos pour une bouchée de pain (699 euros) au client, et quelques miettes du côté graphiste. Leurs conditions générales, que certains acceptent, sont un summum de honte pour notre profession (http://fr.wilogo.com/conditions-generales.html)
Nous sommes évidemment contre de telles pratiques : le crowdsourcing consiste à utiliser la créativité, l’intelligence et le savoir-faire des graphistes, et ce, au moindre coût puisqu’il permet aux sites Web de se rémunérer alors que les contributeurs ne peuvent au mieux que se faire de l’argent de poche. À lire la définition de Wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Crowdsourcing).
Le 30 mars 2007, nous consultons notre avocat pour qu’il observe Wilogo. C’est le rôle d’un syndicat professionnel. Le 3 mars 2008, nous concluons qu’une action en justice n’est pas à exclure, les graphistes souffrant de cette situation qui dévalorise leur métier. Devant la montée de ce genre de sites, nous abordons le sujet dans notre lettre de mars 2008.
Le 16 juin, nous recevons le compte rendu de notre avocat. Une procédure longue et coûteuse serait peut-être finalement inefficace devant la multiplication des sites comme Wilogo. Le conseil d’administration choisi donc d’en parler lors de l’assemblée générale et de soumettre au vote des membres de l’AFD une action en justice. L’assemblée décide que le syndicat a fait son travail en payant des conseils d’avocat pour la profession, mais qu’on ne peut pas demander plus aux membres de supporter le poids de celle action.
Il est décidé en assemblée du 22 juin qu’il serait beaucoup plus efficace à long terme d’user de notre liberté d’expression de syndicat en informant, en incitant les jeunes professionnels à ne pas répondre aux sirènes telles que Wilogo. C’est ce que nous faisons, notamment auprès des écoles. Les bonnes volontés sont bienvenues pour amplifier le mouvement.
http://www.alliance-francaise-des-designers.org/dn_accueilactu/accueilactu_07112008_Wilogo2.html
Rédigé par: Alliance française des designers | vendredi 07 nov 2008 à 18:06